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Pourquoi aimons-nous la musique ?

Mis à jour : juin 16

Par Christophe Gervot, 9 décembre 2019.


Pourquoi aimons-nous la musique ?


Je me pose cette question, avant tout, comme amateur de musique : acheteur de CDs, spectateur de concerts et de spectacles musicaux, de danse, amateur de streaming, de téléchargements, auditeur de quelques stations de radio et même spectateur de quelques chaînes de TV musicales.


Les formes que prend notre « consommation » de musique évoluent. Pour ma part, elles ont commencé à l’époque des 45 tours et 33 tours vinyles et des K7, époque aussi des baladeurs, à mon adolescence, celle de quelques émissions de radio en France, et d’un programme de télévision du samedi soir, qui faisait la part belle à divers courants musicaux regroupés autour du signifiant « Rock » : c’étaient « Les enfants du rock ».


Même si mes premiers goût proprement personnels, plus tôt dans mon histoire, alors que j’écoutais encore une radio commerciale française, allaient de Pink Floyd à David Bowie et Bob Dylan, pour les musiciens internationaux, sans oublier Rod Stewart et de Serge Gainsbourg à Alain Bashung, en passant par Alain Chamfort et Charlélie Couture et Yves Simon, pour les français, me satisfaisaient pleinement quand à l’accès que nous en donnaient les radios, je n’achetais pas vraiment de musique. De temps en temps on m’offrait des albums (The Dark Side of The Moon, The Wall, de Pink Floyd…) et je m’en offrait aussi : presque tous les Pink Floyd que je pouvais trouver au Supermaché en Vinyls, U2 (War), Jean-Michel Jarre (Les Chants magnétiques), Kate Bush (The Dreaming)…


Ce n’est que plus tard, grâce à une émission d’une radio publique, quand j’en eu assez de la publicité que je découvris des musiciens moins connus en France. Et que je découvris aussi une boutique en Ville, un magasin de disque qui vendait tout ce que la musique comptait de musiciens indépendants dans leur façon de faire de la musique : De Cocteau Twins à Everything But The Girl, de Martin Stephenson aux Waterboys, de Carmel à Tom Waits.

Étudiant justement les arts appliqués dans cette ville, j’avais un ami qui me faisait découvrir ses goûts à lui, qui devinrent les miens : Japan et David Sylvian, Ryuichi Sakamoto, mais aussi bientôt Chet baker, Billie Holiday, John Coltrane… Moi je lui fit découvrir Laurie Anderson à l’époque du film « Home of the Brave ».


Parti un an plus tard dans une autre ville pour étudier les langues vivantes, je décidai d’arrêter mes études du piano classique. Dans cette ville, je continuais à écrire, une nouvelle, des poèmes, à prendre quelques photos, j’étudiais bien sûr, et je découvris Claude Nougaro. Le goût des textes en français m’était revenu, ou advenu, après des années à écouter de la musique anglaise ou américaine.


Bref… bien des années plus tard, je suis passé au CD, et maintenant au téléchargement et au streaming. Je garde toutes ces références comme miennes, et j’en découvre d’autres, comme un étonnement à une période précise de ma vie où beaucoup de choses ont changé : des rappeurs français, comme La Fouine, Lacrim, Orelsan, Canardo, le slameur Grand Corps malade, et quelques références américaines que je connais moins. J’ai découvert le rap français tard, en 2012, et ai apprécié ses paroles car elles parlent de la réalité, parfois difficile, de la vie en France pour ces artistes qui représentent souvent un quartier, une banlieue, une ville… d’où ils sont issus,et les gens qui y vivent.


J’aime le rap comme j’ai aimé Serge Gainsbourg, Alain Chamfort, Alain Bashung, Claude Nougaro, Michel Berger, Julien Clerc, Yves Simon, grâce aux paroles aussi.


Ce que j’aime dans la pop anglaise, dans la musique américaine que je connais, jusqu’à la musique minimaliste et/ou sérielle contemporaine de Philip Glass, de John Cage, de Steve Reich ou chez Arvo Part, c’est la recherche musicale, la recherche de l’originalité des sons, des rythmes, des instrumentations.


Pourquoi aimons-nous la musique ?


Je me pose cette question, enfin, comme compositeur : cette originalité, tous ces musiciens et ces paroliers, ils la doivent aussi, comme moi je la dois, nous la devons, à nos histoires singulières, à nos influences, nos rencontres. Mais si nous composons aussi, c’est sans doute que nous apportons notre part de création, d’inédit, de nouveauté.


Christophe Gervot, musicien, écrivain, artiste conceptuel, psychanalyste, traducteur et formateur.

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