• christophegervot

Nous avons été occupé.e.s, mais : je suis là et j’y reste.

(J'ai commencé à publier des poèmes et des textes sous un deuxième hétéronyme, après 'GoldenCangré'. Ces poèmes, je les signe du nom de Christopher Reed. Christophe Gervot, GoldenCangré et Christopher Reed, trois noms : mon vrai nom, et deux hétéronymes pour une seule personne, moi).



Nous avons été occupé.e.s,

pendant des siècles, à nos luttes individuelles et collectives, pour faire que ce qui ressort du politique, et tout n’en ressort pas, heureusement - car si les États pensaient qu’ils peuvent se mêler des relations humaines, du lien social, du bonheur ou du plaisir des gens, voire endiguer leurs désirs, quels qu’ils soient, ils se heurteraient à quoi ? - soit possible et démocratique. Ils se heurteraient à quoi ? Aux murs qu’ils se sont, eux, les responsables politiques, choisis pour éviter d’aller dans le monde, depuis touts petits, pour contrôler tout d’eux-mêmes, pour tout contrôler des autres dont l’image de liberté les hantent.

En fait, je me demande, qu’est-ce qui peut bien motiver les dirigeants de nos États et leurs sulfureux conseillers, sinon la honte qu’ils ont d’eux-mêmes ?

Car ils le font (voir le premier paragraphe de ce texte)

Mais pourquoi ?

Nous, ceux qui n’abdiquons pas devant leurs politiques reflets de leurs emmurement qu’ils voudraient général pour ne pas passer pour les derniers des imbéciles, pourquoi nous tournons-nous vers des ailleurs, pour les esquiver ?

N’avons-nous pas des droits écrits dans le Droit ? Sont-ils à géométrie variable ?

Sommes-nous des hommes et des femmes sans droits quand nous choisissons telle voie plutôt qu’une autre ?

Je suis droitier : j’écris de la main droite, uniquement, sauf sur un clavier, mais je n’aurais pas le droit d’être de gauche ?

N’est-ce pas la gauche, historiquement et internationalement, je veux dire la gauche démocratique – ce qui me la fait distinguer des dictatures communistes : là-bas, on avait oublié que donner du travail à tous ne se fait pas sans laisser libre de penser ce que l’on veut et de pouvoir l’exprimer – qui fait avancer vers la démocratie et la justice ?

Ici, en France, la gauche a été au pouvoir avant 1981, n’oublions pas. Les citoyens de gauche ont fait des révolutions et même celle qu’on nomme française, la R, la Révolution de 1789.

D’autres pays l’on faite : je ne connais pas assez bien l’histoire mondiale, mais je sais que l’Angleterre a fait une révolution, que le Portugal l’a faite, qu’en 1968, la révolution n’était pas qu’en France non plus, qu’il y a eu des révolutions dans bien des pays qui ont connu le pouvoir absolu. L’URSS a évolué, très brièvement, puis est retournée vers la dictature. Auparavant elle avait maté les révolutions du « glacis soviétique », les pays que nous appelons ici les « pays de l’est », l’Afrique du Sud s’est libérée de l’Apartheid, il y a eu un mouvement de libération démocratique dans le monde arabe.

Si tout ça a fait bouger bien des choses, les retours en arrière sont possibles, et nous le savons, je le sais.

Pourquoi nous tournons-nous, dans ces moments de radotage des pouvoirs absolus, vers l’ailleurs ?

De fait, nous nous tournons sans doute vers les pays, les peuples qui permettent, au moins dans la culture, dans les arts, voire dans les industries culturelles, assez de liberté pour la création, assez de liberté pour travailler à ce qui nous importe, à ce qui nous permet d’apporter notre mot, nos créations, nos idées, nos découvertes, nos dons, notre beauté, nos compétences, nos talents, notre liberté que personne n’a pu juguler.

Ceux qui jouissent sans entraves sont-ils les partisans des libertés, ou les puissants qui méprisent, écrasent, voudraient nier et ne sont pas à une affaire d’État près… ?

Pourquoi moi, Christopher Reed, je choisis cela, les cultures du monde qui m’ont fait vibrer ou qui me parlent parce que c’est ce qu’elles disent, plus ou moins ouvertement : laissez-nous donc vivre et travailler comme nous le faisons le mieux.

Pourquoi nous tournons-nous vers l’ailleurs ?

Vous demandez-vous encore pourquoi ?

En fait, parce que d’autres personnes, dans le monde, ou dans la ville d’à côté, ou à une période passée de l’histoire, de l’histoire des arts, des idées, etc. nous ont parlé et nous l’avons pris comme une preuve du bien-fondé de nos aspirations à la justice et à la reconnaissance.

De l’Amérique (je veux dire de l’Amérique du Nord, je veux dire des États-Unis d’Amérique, moi qui connais aussi l’Amérique latine grâce à mes études), je ne connais que sa culture (musicale, littéraire, cinématographique un peu, artistique à travers mes modes de consommation des biens culturels et de mes choix en la matière).

Ce nouveau continent qui a une histoire commune avec la France et l’Europe et qu’on dit si riche et opulent, mais aussi si contrasté quant à l’accueil des différences de toutes sortes, et aussi qui laisse dans la pauvreté – comme ici le font nos gouvernants, pour des raisons équivalentes je le suppose – des tas de gens qui n’ont pas demandé à être soumis à la dictature capitaliste, ou raciste, et qui n’ont sans doute même pas les mêmes conditions d’accès aux études et à la formation que nous français – mais là aussi, nous avons lutté pour que cela persiste – peut-il être cet ailleurs ?

Il l’a été pour moi, que les personnes qui en doutent me le passe, pendant les années Barack Obama.

Depuis, cette histoire, la nôtre, continue cahin-caha, mais avec moins d’illusions de mon côté.

Des penseurs, des écrivains, des artistes, en ont dit des choses. Cet homme avait sans doute raison de se demander pourquoi il avant reçu le Prix Nobel de la Paix, dès son élection.

Mais n’allons pas plus loin. Nous savons ce qu’il a fait pour beaucoup aux USA pendant ses présidences, ce que nous, en France, nous avons de façon encore plus nette. Il l’a fait lui, d’autres avaient essayé avant, et avait échoué.

Ici, le système social français, ce qu’il en reste, date de 1945 quand les communistes aussi étaient au pouvoir.

Moi, j’ai bien aimé les années de « gauche plurielle ». Je ne sais pas bien pourquoi elle n’a pas duré plus longtemps. Mais je n’était pas dans les lieux de pouvoir.

C’est là ce qu’il faut reconnaître aux démocrates américains : l’ « affordable care act » et les politiques de ce genre, même quand ils sont de droite. Même si l’État fédéral n’est pas organisé comme ici, et même si là-bas, à cause du mode de scrutin, un homme / une femme n’égale pas une voix.

Mais tout n’est pas dit quand cela est dit. Ici non plus.

Les mouvements populaires s’expriment toujours.

Faut-il des bains de sang pour cela ?

Ici, partout, nous avons dit : plus jamais ça.

Never more.

Nunca más.

Nous avons été occupé.e.s, en France, par bien des dominations, et même par l’armée allemande dirigée par un pouvoir civil nazi à Berlin.

Certains pays ont été occupés par l’armée américaine après la seconde guerre mondiale. Peut-être à raison. Le temps nécessaire. Mais je n’en ai pas l’expérience.

Je connais l’occupation, les occupations des dirigeants et gouvernants de mon pays à notre encontre, ici.

Et celles que ce pays a aussi imposé à d’autres peuples.

Christopher Reed, écrivain, traducteur, psychanalyste, musicien auteur, artiste plasticien tous médiums, artiste auteur d’œuvres numériques vidéos et formateur, le 17/09/2020.

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