• christophegervot

L’histoire des gars des cieux où la lumière ne s’éteint pas

Quand ma vie est devenu plus belle en 2012, grâce à ma psychanalyse finalement en bonne voie grâce à un changement d’analyste, j’ai pu dire que j’étais également ‘tombé dans le rap’, comme Obélix était tombé dans la potion magique… mais le rap français existe bien, et la potion magique … tient, puisque le rap existe, a existé pour moi, existe toujours et existera sans doute… longtemps, la potion magique existe aussi. Et pas que pour moi. Et nous pouvons tous avoir notre ou nos potions magiques, métaphoriquement, et une métaphore recouvre un réel.

Je suis tombé dans le rap en 2012 en acceptant l’offre TV de mon ancien fournisseur d’internet et en ayant ainsi accès à une Télé spécialisée notamment dans le rap. Là, j’ai découvert une, des musiques différentes de celles que je connaissais auparavant, moins connues, je ne dirais pas autre chose. Ou bien si, disons : moins populaires. Je suis un gars du peuple, fils d’ouvrier et d’une mère au foyer, mais j’ai eu la chance d’étudier le piano, notamment et d’être doué en classe. Ce qui m’a rendu curieux de beaucoup chose, et notamment de musiques non commerciales, selon la terminologie qui ne reflète que « se qui se vend beaucoup ». Je suppose qu’étudier le piano classique m’a permis d’avoir une oreille et des choix d’écoute plus exigeants. Mais, après tout, ne rester qu’un ou deux ans à écouter à la radio ce qui passait dans les boîtes de nuits, c’était peut-être déjà un cheminement que beaucoup font, plus qu’on ne croit… En tous cas, même sur Europe 1 au début de mon adolescence et sur les radios libres de la bande FM libérée par François Mitterrand et son gouvernement, plus tard, quand le vieux poste grandes ondes n’a plus fonctionné, je n’écoutais que ce qui me plaisait et dont les sons étaient ceux de musiciens exigeants pour eux-mêmes et pour leur public, même s’ils devaient je suppose aussi composer avec les visées commerciales.

Mais je suis tombé dans le rap en 2012. J’ai entendu « Elle venait du ciel... », la chanson de La Fouine comportant ces paroles dans un restaurant et j’ai trouvé quelques Cds de lui en vente à la supérette de ma petite ville.

Je m’identifiais à l’image virile des pochettes des Cds de La Fouine que je trouvais à acheter. Pourtant, La Fouine n’est pas un gros bras, sa voix est douce et claire, loin des voix qui se veulent viriles. Et ses paroles, qui souvent décrivent les réalités difficiles que Laouni Mouhid, connu sous le Nom de scène de La Fouine, avait vécu pendant son enfance et son adolescence, parlent à ceux qui d’une façon où d’une autre ont vécu des difficultés que certains qualifient de « sociales » du bout des lèvres.

Pour moi, en tous cas, écouter les Cds, et les paroles de La Fouine a été… est difficile à décrire par des mots.

Moi, le gars de la campagne, installé comme psychanalyste, j’avais dans sa musique et ses textes (il est l’auteur de ses texte uniquement ;) trouvé un frère. Pas qu’à moitié.

Pourtant, quand vous lisez son livre, « Drôle de parcours », que j’ai dû racheter car on me l’a volé, Laouni a connu ce que je n’ai pas connu, dont la prison et ne pas pouvoir terminer sa scolarité obligatoire.

Mais lire le début de son livre me faisait pleurer. Et je n’ai pas eu longtemps l’envie de lire les chapitres de son livre qui racontaient ses déboires avec la justice.

Quand je l’ai fait, je n’ai plus eu la même image de lui, plus aussi positive.

Bien avant, vers 2012, quand je n’étais que follower sur Facebook, surtout des rappeurs français, et que je ne faisais que commenter les posts, je lui ai quand-même envoyé un message personnel, à la suite des tirs dirigés contre lui à Saint-Maure-des fossés, là-bas.

Je lui ai écrit que nous étions beaucoup à l’aimer qu’il fallait qu’il fasse attention.

J’ai relu son livre, qu’il a pu écrire avec l’aide de Christian Séranot et de Karim Madani (excusez-moi, pas de critères universitaires, donc pas de note de bas de page). Il dit que son père a payé des cours à tous ses enfants. Il a peut-être choisi la photo de couverture de son livre, je le crois, et il pourra le faire quand il le voudra, je le souhaite.

Nous nous sommes déjà vus à l’un de ses concerts.

La Fouine est un frère pour moi. C’est comme ça que peuvent le dire tous ceux qui ont vécu les difficultés que nous pouvons vivre partout dans le monde. Quelles qu’elles soient. C’est bien ce que je ressentais. Je le sais aussi en vertu des points communs que nous avons, même si nos vies ont été différentes, le sont, et même si j’ai tardé à faire de la musique. Lui et moi avons eu des parents, et la chance d’étudier la musique. C’était notre souhait, je crois. Comme d’autres ont la chance de se préparer autrement à leurs métiers futurs et de pratiquer leur(s) activité(s) préférée(s).

Merci à vous.

A bientôt.

Christophe Gervot, écrivain, musicien auteur, artiste plasticien, artiste vidéo, traducteur, formateur et psychanalyste, le 10/07/2020.

2 vues

©2019 par Christophe Gervot. Créé avec Wix.com