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Fantasme et langage dans l'autisme, la psychose et la névrose

Mis à jour : juin 16

A l'heure où il y a du nouveau dans le champ de la psychanalyse lacanienne quant à l'accueil et au traitement de l'autisme, comme mes publications ici, sur ce blog en témoignent depuis quelque temps, il nous faut prendre en considération les aprioris, les résistances des parents d'enfants autistes, celles des sujets autistes adultes, pour leur dire que cette nouveauté est réelle. Des partisans d'autres disciplines ont avancé que l'autisme était un trouble du langage, ou qu'il était une impossibilité de communiquer. Si nous prenons en considération ce "trouble du langage", nous pouvons dire que ce n'est pas faux. Mais ce trouble est a caractériser. Il est plus juste de dire que l'autisme est un refus de parler, un refus donc d'accéder, non pas à un usage et à une autre acception du langage qui est celle que l'on peut faire sienne en apprenant à parler, ce qui concerne tout le monde, mais au symbolique, c'est à dire aux lois du langage, non pas du côté de la grammaire, mais bien de la linguistique, et aux effets du signifiant (voir mes textes : "Quelques rapports du sujet au signifiant et aux lois du langage" et "Du sujet barré au parlêtre dans l'enseignement de Jacques Lacan" publiés ici). Il a déjà été dit que l'accès au symbolique était rendu impossible à l'enfant autiste. C'était vrai, mais parfois, un autre accueil parental pouvait y remédier, en comptant sur la contingence. La psychanalyse, à qui on a reproché par le passé, a raison, de ne pas permettre pour les sujets autistes d'évoluer grâce à elle comme les autres sujets non autistes, peut à présent, grâce à la nouveauté que j'apporte à ce traitement, la cure psychanalytique, par ma pratique en cabinet libéral, permettre aux sujets autistes de sortir de l'autisme, c'est-à-dire d'accepter de parler authentiquement, donc d'eux-mêmes, et de dépasser leurs résistances, leur refus, de le faire jusqu'à présent, choix qui est celui des personnes autistes, qui est respectable, et même justifié. Mais faisant ce choix, il s'enferment dans une vie qui est très difficile. Ils et elles peuvent maintenant, grâce à cette découverte de la psychanalyse, qui est la mienne, mais qui est le fruit de ma propre psychanalyse, que j'ai fait en tant que névrosé (et personne ne peut espérer aucune condition plus favorable), renoncer à ce refus, librement et de façon authentiquement subjective, authentiquement favorable à leur évolution personnelle, sortir de l'autisme. Pourquoi ne dirions-nous pas dès lors que la psychanalyse lacanienne, à laquelle j'ajoute cette note nouvelle, permet de guérir l'autisme, ou de le soigner ? C'est possible, et dès lors les sujets qui le feront à mon cabinet pourront, comme tout le monde, accéder aux bienfaits de la cure psychanalytique. Comme nous autres analystes en avons bénéficié. Nous avons tous des parents, des environnements familiaux, des entourages. A nous aussi, cela a pu nous causer des problèmes, nous faire nous poser des questions, provoquer des symptômes. Nous avons fait le choix de la psychanalyse, à raison. Et vous?


Fantasme et positions par rapport au langage


Le sexuel recouvre-il la même réalité selon ces structures psychiques que sont la névrose, la psychose et cet en-deça qu’est l’autisme ? L’accès au langage par l’usage personnel de la parole modifie, selon Jacques Lacan, dans un premier temps, le registre imaginaire du sujet, par l’intermédiaire de la fonction du signifiant, car si Lacan « pense pouvoir montrer que pour concevoir la fonction que Freud désigne sous le nom de moi (…) il est indispensable de se servir de cette distinction de plans et de relations qui est exprimée par les termes de symbolique, d’imaginaire et de réel », il poursuit en disant que « la question n’est pas simplement liée au matériel, au magasin-accessoire du signifiant, mais au rapport du sujet avec le signifiant dans son ensemble, avec ce à quoi peut répondre le signifiant. »1 En effet, si la personne autiste se refuse l’accès au langage et donc à ses lois que sont la métaphore et la métonymie, et à la fonction du signifiant liée à la distinction entre signifiant et signifié (« J’ai marqué que la dynamique des phénomènes du champ analytique est liée à la duplicité qui résulte de la distinction du signifiant et du signifié. »2) qui permet l’usage métaphorique du signifiant et donc aussi bien les formations de l’inconscient que la cure analytique elle-même par la création de sens, si le sujet psychotique, qui lui, fait usage de la parole, forclot un signifiant, le Nom du père, ce qui, du fait de ce manque d’un point de capiton entre signifiant et signifié, lui donne un accès discuté au fantasme et à l’amour, le sujet névrosé peu s’appuyer sur le symbolique et sur le signifiant de la loi qui lui a été transmis pour sa sexualité également, car l’objet a et le fantasme lui sont possibles et il peut faire usage de la parole pour démêler les embrouilles de son existence et, aussi, traverser le fantasme en analyse.Pouvons-nous donc caractériser la question du fantasme dans l’autisme, la psychose, et la névrose en fonction du rapport du sujet au signifiant, au langage et à la parole ?« Les êtres de langage ne sont pas des êtres organisés, mais qu’ils soient des êtres, qu’ils impriment leurs formes dans l’homme, ce n’est pas douteux. »3


I - Sexualité et autisme : imaginaire et réel


Si l’amour de l’Autre parental est présent et l’entrée dans le langage possible pour le sujet, l’entrée dans le complexe d’Œdipe lui est possible aussi. Mais si « pour découvrir le complexe d’Œdipe, il a d’abord fallu examiner les névrosés, pour passer ensuite à un cercle d’individus beaucoup plus large »4 - ces personnes sont les psychotiques et les autistes - les autistes, eux, ne peuvent recevoir, de leur parent autiste, le soin et l’amour qui leur permettraient de concevoir leur courant tendre envers leurs parents, élément du complexe d’Œdipe. « C’est pourquoi j’ai dit que le complexe d’Œdipe, avec l’intensité fantasmatique que nous lui avons découverte, l’importance et la présence qu’il a sur le plan imaginaire pour le sujet auquel nous avons affaire, devait être conçu comme un phénomène récent, terminal et non pas originel, par rapport à ce dont nous parle Lévi-Strauss »5, dit Lacan.Mais les autistes, qui par exemple sont capable de parler de leurs rêves, ont accès à l’imaginaire. « Le moi, dans son aspect le plus essentiel, est une fonction imaginaire. »6 les autistes peuvent aussi témoigner des effets de leur réel sur leur corps, de leur jouissance. Ce sont aussi des catégories permises par l’imaginaire et le réel : « En tant que nous sommes le moi, non seulement nous en avons l’expérience, mais elle est tout autant un guide de notre expérience que les différents registres qu’on a appelés guides de vie, à savoir les sensations. »7Lacan parle, quant à cette part d’imaginaire en nous, comme de notre part d’animalité : « (…) il n’est pas douteux (…) que la relation imaginaire est liée à l’éthologie, à la psychologie animale. La relation sexuelle implique la capture par l’image de l’autre. »8 Et : « (l’imaginaire) semble donc être le domaine même de l’érotisation de l’objet. »9 « Freud met le moi en relation avec le caractère fantasmatique de l’objet. »10, rappelle-t-il.Tout comme pour les psychotiques et pour les névrosés, comme Lacan nous l’a enseigné surtout dans son denier enseignement, il y a un « inassimilable » du réel du sujet : (à propos de Dora:) « Sa position est essentiellement problématique, et jusqu’à un certain point inassimilable. »11 Mais si le symbolique ne recouvre jamais tout le réel, l’usage de la parole en analyse permet de l’approcher jusqu’au moment ou le sujet accepte sa jouissance comme sienne, alors que le symbolique n’oblitère pas le réel en jeu chez le sujet autiste, d’où un positionnement incertain quant à sa jouissance et à ses choix d’objets. Lacan en parle ainsi : « Il y a un réel, un donné. Ce donné est structuré d’une certaine façon. Il y a en particulier des asymétries naturelles. » 12« L’asymétrie dans la nature n’est ni symétrique, ni asymétrique – elle est ce qu’elle est. »13« A quoi tient cette dissymétrie ? A la relation d’amour primaire avec la mère ? »14 dans l’œdipe ? Non, « la raison de la dissymétrie se situe essentiellement au niveau symbolique, (…) elle tient au signifiant. »15Le moi est encore présent dans le moment d’identification du stade du miroir : Lacan parle de « La fonction remplie dans le schéma du stade du miroir par l’imaginaire spéculaire, où le sujet situe son sens pour se reconnaître, où pour la première fois il situe son moi, ce point externe d’identification imaginaire, ... »16. Et l’identification imaginaire du stade du miroir est également possible par une identification à un petit autre.


II – Fantasme et symbolique : Œdipe et symbolique


Les sujets qui ont accès au symbolique peuvent entrer dans l’Œdipe : «  (…) le complexe d’Œdipe est à la fois universel et contingent, parce qu’il est uniquement et purement symbolique. »17 Mais si « la disparition du complexe d’Œdipe » chère à Freud ne se fait jamais comme il le décrivait, parler en analyse des effets de ce complexe pour le sujet parlant est possible : « (…) il est impossible d’ordonner d’une façon correcte les divers aspects du transfert, si on ne part pas d’une définition de la parole, de la fonction créatrice, fondatrice, de la parole pleine. »18Et : « sans une prise de position radicale sur la fonction de la parole, le transfert est purement et simplement inconcevable. Inconcevable au sens propre du terme – il n’y a pas de concept du transfert, rien qu’une multiplicité des faits liés par un lien vague et inconsistant. »19Lacan commente alors ce qu’il en est de l’Œdipe de la petite fille, où l’absence de symbolisation possible pour le sexe féminin entraîne une conséquence, qui la différencie de l’expérience qu’à le petit garçon de son Œdipe :« L’expérience de l’œdipe témoigne de la prédominance du signifiant dans les voix d’accès de la réalisation subjective, car l’assomption par la fille de sa situation ne serait nullement impensable sur le plan imaginaire. (…) il n’y aurait aucun obstacle si cette réalisation avait à s’accomplir dans l’ordre de l’expérience vécue, de la sympathie de l’ego, des sensations. Et pourtant l’expérience montre une différence frappante – l’un des sexes est nécessité à prendre pour base de son identification l’image de l’autre sexe. (…) Le fait ne peut s’interpréter que dans la perspective où c’est l’ordonnance symbolique qui règle tout. »20« Si tout était à saisir dans l’ordre d’une dialectique des pulsions, on ne verrait pas pourquoi un tel détour, une telle anomalie serait nécessitée. »21


III - Fantasme et objet ; fantasme et désir


1/ Fantasme et objet a


Lacan, dans Le Séminaire VI, Le désir et son interprétation, séminaire qui traite en grande partie du fantasme, présente l’objet a, cause du désir, comme « cet objet qui soutien le rapport du sujet à ce qu’il n’est pas. (…) Mais nous ajoutons – à ce qu’il n’est pas en tant qu’il n’est pas le phallus. L’objet a soutien le sujet dans la position privilégiée qu’il est amené à occuper dans certaines situations, et qui est proprement celle-ci, qu’il n’est pas le phallus. »22...


2/ Fantasme et demande ; fantasme et désir


« C’est ainsi que, sur le plan du rapport à cette chose qui s’appelle le phallus, le sujet se trouve pris dans une alternative close qui ne lui laisse aucune issue (être châtré, qu’il prenne la place du père ou de la mère). Cette situation dont le phallus est la clé constitue le drame essentiel de l’Œdipe, en tant qu’il marque, dirai-je, le joint et le tournant qui fait passer le sujet du plan de la demande à celui du désir. »23 Ainsi, le complexe de castration et la « loi du père », qui est au service du désir par l’interdiction de l’inceste, permet au sujet de désirer en dehors de la famille. Mais cela n’est possible que si le sujet a introjecté le signifiant et s’est donné l’accès au langage par l’exercice de la parole, donc cela n’est possible que s’il a été accueilli dans le langage par l’Autre parental. Les sujets autistes, donc, ne peuvent désirer de cette façon car ils se refusent leur accès au symbolique, étant prisonniers du cercle familial et ne pouvant s’en séparer pour parler ailleurs.


3/ Sujet, parole, objet a


Pour qu’il y ait fantasme, il faut qu’il y ait sujet : « Le fantasme est pourvu de la part du sujet en tant que marqué de l’effet de la parole, dans son rapport à un objet a... »24Le fantasme est un support imaginaire du sujet, nous dit Lacan dans Le Séminaire VI : « Je vous ai déjà montré (…) que le fantasme est le point de butée concret par où nous abordons aux rives de l’inconscient. Au point précis où le sujet ne trouve rien qui puisse l’articuler en tant que sujet de son discours inconscient, le fantasme joue pour lui le rôle de support imaginaire. »25Le fantasme est aussi un point de réel, avec son versant de coupures : « (…) il n’est que trop évident que le réel n’est pas un continu opaque, et qu’il est fait de coupures, tout autant et bien au-delà des coupures du langage. »26Les coupures du langage sont, « en fin de compte la dernière caractéristique structurale du symbolique comme tel. »27 La parole, faite de signifiants, articulés en métonymies pour les psychotiques, et en métonymies et métaphores pour les névrosés, comme nous le rappelle Lacan dans Le Séminaire III, Les psychoses, est du ressort du symbolique. Mais Lacan, dans son deuxième enseignement, nous dit que le symbolique, dans l’effort que fait le sujet analysant, ne peut recouvrir totalement le réel, et qu’à la fin de la cure psychanalytique, le sujet a à dire : « je suis ce que se jouit », à sa façon.De même, traverser le fantasme se fait par la parole, mais n’est pas s’en défaire :« Le point électif du rapport du sujet à ce que nous pouvons ici appeler son être pur de sujet, je le désigne (…) au niveau de la coupure (…). Dès lors, le fantasme du désir prend la fonction, ce point, de le désigner.»28


4/ Le fantasme, soutien du désir, soutien du sujet comme désirant


Traverser le fantasme n’est pas s’en défaire, car il est soutien du désir pour le sujet : « (…) j’ai développé la structure du fantasme en tant qu’il est dans le sujet ce que nous appelons le soutien de son désir. »29, dit Lacan.Notant le fantasme sous la forme de cette écriture : « ($<>a) », Lacan rappelle que « Le plus original dans cette notation, c’est encore la petite barre sur le S, qui rappelle que, à ce point d’acmé que constitue la présentification du désir, le sujet est lui-même marqué par la parole – mais, après tout, ce n’est rien d’autre que le rappel que les pulsions sont fragmentées. »30Enfin, cette écriture : « ($<>a) »,« elle ne désigne pas un rapport du sujet à l’objet, mais le fantasme, en tant qu’il soutient le sujet comme désirant, c’est-à-dire en un point au-delà de son discours. Elle signifie que le sujet est présent dans le fantasme comme sujet du discours inconscient. Il est présent dans le fantasme en tant qu’il y est représenté par la fonction de la coupure, c’est-à-dire par la fonction essentielle qui est la sienne dans un discours – et qui n’est pas n’importe lequel, un discours qui lui « échappe, le discours de l’inconscient. »31L’histoire du sujet a fait que son fantasme est tel qu’il est, et l’histoire du sujet est une histoire, pour les névrosés, où il a accédé au langage, à la parole, et à la langue sociale, échangeant avec son entourage après avoir été, et être resté, dans un bain de langage, qui a formé son style et son mode de jouir.


IV - Fantasme et psychose


Une question est restée en suspend dans le champ de la psychanalyse : y a-t-il un fantasme dans la psychose ?Si le sujet, enfant, a commencé à parler authentiquement, c’est-à-dire de lui-même, par chance, et sans doute pouvons-nous là voir la trace d’une rencontre contingente favorable à cela (une autre personne que l’Autre parental, celui du soin, ou le deuxième parent, ou une autre personne qui s’adresse à lui en le considérant comme sujet, et donc lui donne accès à la possibilité de l’amour), mais que cet autre parental privilégié dans la demande d’amour du sujet infantile lui refuse cette possibilité dans un épisode particulier de son histoire, puisque rien ne se décide, dans l’enfance pour l’enfant en dehors de ce qui se passe dans son histoire, et même le méprise « au joint le plus intime de (son) être », alors ce qui lui est signifié de cette façon, comme une relation à un autre ou une autre enfant, par exemple, comme Freud a été le premier à en parler, que ce parent proscrit injustement, éventuellement violemment même si ce n’est, pour certains que verbalement, peut résonner comme une interdiction d’un courant tendre envers un petit autre, plus ou moins libidinal, au plus singulier du sujet. Il pouvait trouver là l’amour qu’il ne trouvait en ce parent. Éventuellement, il trouvait à parler de lui à ce petit autre.Pouvons-nous pousser le raisonnement jusqu’à écrire que le sujet infantile qui adresse une demande d’amour à ce parent et qui est ainsi méprisé peut avoir tendance à se mettre du côté de ce parent injuste et violent en acceptant de se conformer à ses exigences parce que, comme l’écrit Freud, l’enfant reçoit des ses parents les notions – qui sont bien sûr relatives, dans ce cas, puisqu’issues des valeurs ou des préjugés de celui-ci – du « bien » et du « mal » dans la crainte qu’il est de perdre l’amour de ceux-ci. Si cet enfant est surpris dans une scène tendre avec un ou une enfant du même sexe, ce qui possible pour tous les enfants, alors il est probable, et encore plus s’il lui est signifié que cette situation est inacceptable, que nous pouvons trouver là le lien entre un trait des psychoses qui est le refoulement de l’homosexualité, et la difficulté que le petit sujet aura à considérer comme recevables de nombreuses manifestations d’autorité, puisque le parent aimé méprise ce qu’il a de plus singulier et donc de plus précieux. Est-ce là, dans une même scène de l’enfance, la conjonction des sources de ce refoulement et de cette forclusion, celle que Lacan a appelée la « Forclusion du Nom du père », trait distinctif de toute psychose et unique raison, dans l’inconscient, de la structure psychotique ? En d’autres termes, les petits sujets de structure psychotique pour cette raison qu’il leur est difficile, et donc longtemps ou définitivement préférable subjectivement de forclore le Nom du père, c’est-à-dire pour eux ces signifiants qu’ils pourraient considérer comme justes et recevables, dans leur vie sociale – les lois existent et certaines sont justes, ils rencontrent parfois d’autres personnes qui font preuve d’une autorité réelle parce que fondée sur une conception de la justice qui leur semble acceptable, etc.- choisissent cette forclusion en raison d’une scène traumatique.Le « désordre au joint le plus intime de l’être » est-il le résultat d’une incompréhension face à cette scène, où sont présents l’amour, la sexualité infantile, le mépris, la violence, la peur, puis l’angoisse… ? Et alors, dans la vie ultérieure du sujet, devient difficile de nouer réel, imaginaire et symbolique puisque l’accès à ce dernier terme de la triade RSI lui est rendu presque inaccessible à cause des répercussions immédiates et futures puisque constitutives de la formation de la personnalité – liée à l’inconscient – du sujet sur son devenir et ses difficultés.Forclusion du « Nom du père » : « une insondable décision » ?Pouvons-nous éclairer le « désordre au joint le plus intime du sentiment de la vie chez le sujet » 32?Il est probable que l’on puisse reformuler ces énoncés en les combinant ainsi : une décision logique du sujet en réaction à un épisode de son enfance où l’Autre parental lui a dénié la possibilité d’aimer et de désirer à sa façon singulière.Aussi, le fantasme dans la psychose, a été étouffé pour le sujet, refoulé par lui, du fait de ce mépris exercé au plus singulier de son réel et de son imaginaire, et ce mépris l’a conduit à forclore le Nom du père.


Conclusion


L’inconscient structuré comme un langage, l’inconscient transférentiel puis l’inconscient réel nous donnent la clé de ce qu’il en est du fantasme dans la névrose, où le point de capiton permet à la parole du sujet $ d’évoquer le fantasme, de le traverser, de rencontrer le point de butée du symbolique sur le réel, et dans la psychose par le manque d’un signifiant qui fait du sujet psychotique un sujet du langage et par l’action de l’Autre parental méprisant qui lui dénie la singularité de son désir et étouffe son fantasme. Dans l’autisme, nous pouvons parler du sujet d’avant la frappe signifiante qui en ferait un sujet barré par la castration langagière, $. N’ayant pas la possibilité de se repérer par rapport à sa propre singularité grâce au signifiant, les sujets autistes alternent et n’ont, dans leur réel et leur imaginaire, pas accès à un désir humanisant ni à son soutien fantasmatique articulé au symbolique.


Christophe Gervot, psychanalyste, écrivain, musicien, artiste conceptuel, traducteur et formateur.


Christophe Gervot, psychanalyste à Missillac (44780), est diplômé en Lettres, Langues, Littérature et Civilisation Etrangères de l'Université Catholique de l'Ouest (UCO) et de l'Université Rennes 2. Il a été étudiant de l'Antenne Clinique d'Angers (ACA), de la Section Clinique de Nantes (SCN) et est diplômé en psychanalyse du Département de psychanalyse de l'université Paris 8. Il est également diplômé en Études européennes, option 'Politiques et Pratiques culturelles en Europe' (PPCE) de l'Institut d’Études européennes (IEE) de l'université Paris 8.


Bibliographie


Lacan, J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », Écrits, Paris, Seuil, 1966.


Lacan, J., Le Séminaire, Livre II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Paris, Seuil, collection « Champ freudien », 1978.


Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris, Seuil, collection « Champ freudien », 1981.


Lacan, J., Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, Paris, La Martinière, collection « Champ freudien », 2013.


Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris, Seuil, collection « Champ freudien », 1981.


1C’est moi qui souligne.

2Idem, p. 195

3Idem

4Lacan, J., Le Séminaire, Livre II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Paris, Seuil, collection « Champ freudien », 1978, p. 40

5Idem

6Idem, p. 50

7Idem, p. 50. C’est moi qui souligne.

8Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, opus cité, p. 199

9Idem

10Idem, p. 196

11Idem, pp. 200-201

12Idem, p. 48

13Idem, p. 52

14Idem, p. 198

15Idem, p. 198

16Idem, p. 197

17Idem, p. 46

18Idem, p. 49

19Idem, p. 49

20Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, opus cité, pp. 198-199

21Idem, p. 199

22Lacan, J., Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, Paris, La Martinière, collection « Champ freudien », 2013, p. 413-414

23Idem, p. 408

24Idem, p. 463. C’est moi qui souligne.

25Lacan, J., Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, opus cité, p. 468.

26Idem, p. 469-470

27Idem

28Idem, p. 471

29Idem, p. 499

30Idem, p. 536. C’est moi qui souligne.

31Lacan, J., Le Séminaire, Livre VI, Le désir et son interprétation, opus cité, p. 536. C’est moi qui souligne.

32Lacan, J., « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 558

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