• christophegervot

Autisme et accès à la psychanalyse. Autisme et accès à un cabinet de psychanalyste.


Ces deux problématiques, car ce sont des problématiques réelles, se posent en termes différents de l'accès à la psychanalyse pour les sujets structurés par l’''inconscient structuré comme un langage".


De fait, les formations de l'inconscient étant accessibles par le langage et étant le fait du symbolique auquel ces derniers sujets ont eu/ce sont donné accès, ne sont pas présentes chez les autistes en tant que souffrances, gênes, symptômes isolables par ces sujets autistes et singuliers au point qu'ils posent des questions subjectives au sujet.

Lacan parlait du sujet d'avant la frappe signifiante, le sujet indifférencié, le sujet non barré. Ce sujet indifférencié est le sujet autiste.


Pour lui, point d'identification de signifiant possible, seule l'identification imaginaire - c'est là la place du "double" de l'autiste - est possible, dans l'imaginaire. Et cette identification imaginaire n'est pas subjectivable, ne peut passer par le signifiant, et donc ne peut être analysée. Un autre problème pour les autistes est que leur réel ne suit pas aussi facilement leurs identifications imaginaires, lieux de leurs fantasmagories - et non de leurs fantasmes - et leur corps est mis à rude épreuve. Ils ne lui laissent pas de répit, faute d'accès au symbolique et donc à la raison.


Par rapport au dispositif psychanalytique, ce qui pose problème aux autistes, c'est que le transfert semble absent. En fait, ce qui leur manque, c'est la confiance en un psychanalyste qui pourrait déboucher sur une demande d'analyse.


Le transfert existe peut-être, mais les sujets autistes sont pris dans les semblants de leurs mensonges, des mensonges derrière lesquels ils se cachent, dans la société, pour ne pas que l'on sache. Quoi ? Le poids de leurs difficultés.


De plus, si les autistes n'ont pas pu se donner l'accès au langage et donc à la parole (le versant subjectif du langage présentifié dans les langues, et la langue qu'ont dit maternelle - mais n'oublions pas qu'il existe aussi les langues paternelles -), comment pourraient-ils comprendre la théorie psychanalytique, qui pourquoi pas, pourrait être, par l'intérêt qu'on lui porte, un moyen d'y accéder, d'y aller...?


C'est une impossibilité, mais qui peut buter sur le fait que l'identification imaginaire fait aussi des autistes les sujets privilégiés de "la jouissance du blah blah".


Alors, s'ils me parlent, à moi psychanalyste d'autistes notamment, leur blah blah appris, ce semblant si narcissique, peut se laisser aller jusqu'au moment où ces sujets diront quelque chose d'eux-mêmes. Et je le leur confirmerai.


Et là, ils entreront dans le langage, et non plus dans les formules apparentées aux sulfureux "éléments de langage" des politiques.

Christophe Gervot, psychanalyste, écrivain, le 19/09/2020.

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