• christophegervot

Créer aujourd’hui

Mis à jour : juin 16

Aujourd’hui n’est plus hier


Les artistes d’hier dépendaient beaucoup de leurs mécènes pour vivre et pour créer. Mozart, Bach, Lully,Velázquez, les sculpteurs des temples grecs et romains, les architectes des pyramides, etc. devaient attendre les commandes des princes pour vivre de leur art.


Séraphine de Senlis peignait sans demander à quiconque le sujet de ses tableaux, comme tous les artistes qui créent aussi pour eux-mêmes.


Quand vient le moment où un ou une artiste est découvert.e, et pour les peintres qui ne pouvaient se faire connaître – c’est encore le cas bien sûr en grande partie – que par chance ou en faisant tout pour exposer, et pour les musiciens il fallait autrefois – c’est encore le cas, bien sûr, comme nous le décrivent par exemple Soprano dans son autobiographie (« Mélancolique anonyme », chez Points, Seuil) ou La Fouine (« Drôle de parcours », chez Flammarion) - débuter sur scène, trouver des collaborations, chercher un studio, bricoler des créations musicales avec les moyens à leur disposition, trouver une galerie pour exposer, avoir suffisamment d’argent pour produire un premier projet, puis le suivant… espérer, si son art est bien reçu du public, des articles ou des passages dans les médias, quand vient le moment où l’on est découvert, quand on apparaît, il est faux de croire que l’accueil des structures étatiques est bienveillant.


L’artiste doit avant tout, selon ces structures, se conformer aux usages qui plaisent « au sommet de la pyramide ». Pourquoi ? Pourquoi à notre époque, qui est celle des droits humains, que même ceux-là « évoquent » lors de leurs voyages dans des pays où il fait surtout bon commercer ?


Les moyens sont aux mains du sommet de nos sociétés.


Mais justement, si nous sommes artistes, c’est que nous sommes au côté de ceux avec qui nous vivons, dans la réalité quotidienne, et non pas emmurés dans des palais. Nos moyens sont ceux de nos pratiques artistiques, ceux de notre sensibilité, de notre histoire, de notre relation au langage, de nos conceptions de ce qui est juste. Artistes, nous sommes des travailleurs quotidiens, nous vivons de notre travail, sans prétendre imposer aux dirigeants nos goûts esthétiques, alors qu’eux voudraient régenter notre expression par une adéquation à ce qu’il est prudent d’exprimer ou non selon les époques que nous traversons.


Aujourd’hui est aujourd’hui.


Nous sommes, nous vivons, nous travaillons, nous sommes liés aux économies nationales et mondiales, nous avons les droits de la personne humaine et, légalement, tous ceux que reconnaissent toutes nos lois et nos constitutions.


C’est là que nous ne sommes pas égaux dans le monde. Mais c’est là que nous sommes quand-même égaux.

Nous sommes quand même égaux, égaux à nos pairs, égaux à nos concitoyens, égaux à tous ceux qui ne peuvent même pas revendiquer l’égalité.


Encore faudrait-il que l’égalité, dans nos sociétés, soit fondée sur des principes humains et politiques qui en garantissent la validité, et la réalité, mais pas en nivelant par le bas nos droits.


Beaucoup diront, et je suis d’accord, que proclamer des droits n’est souvent que belles paroles, qui cachent des actes tout autres.


Devons-nous l’accepter ?


Si nous sommes amenés à vivre de nos arts, qui y a aussi intérêt ? Nous consommons, nous payons nos taxes. L’intérêt des puissants est que nous le fassions du mieux qui nous semble, et non pas dans la précarité.


Pour cela, et même si nos professions peuvent être non réglementées légalement, les formations que nous avons validées, plusieurs formations, nous aident à faire respecter nos droits.


L'accès aux enseignements et aux formations doit donc aussi être permis pour le plus grand nombre, aussi parce que ces formations nous donnent un statut, du travail, une reconnaissance de la part de L’État.


Christophe Gervot, psychanalyste, écrivain, musicien, artiste conceptuel, traducteur et formateur, le 18 mars 2020.


Psychanalyste à Missillac, dans la région nantaise et nazairienne, non loin de Vannes, depuis 2012 après plus de 20 ans d'analyse, musicien et parolier, ancien chargé de cours à l'université de Nantes, je m'intéresse aux questions liées à ces activités et à leur prise en compte dans le champ politique, notamment. Je suis diplômé d'une Licence en Langues, Littérature et Civilisation étrangères de l'Institut de Perfectionnement en Langues vivantes (IPLV, université catholique de l'ouest) et d'un Master 2 Recherche en Arts, Lettres, Langues, Communication, mention Langues, Littérature et Civilisation étrangères, Langues romanes (Espagnol), de l'université Rennes 2, d'un Diplôme d’Études Supérieures d'Université (DESU) en Études européennes, option 'Politiques et Pratiques culturelles en Europe' (PPCE) de L'Institut d’Études européennes (IEE) de l'université Paris 8 et d'un Master 1 de psychanalyse du Département de psychanalyse de l'université Paris 8, après m'être formé dans les associations du Champ freudien dont l'Antenne clinique d'Angers et la Section clinique de Nantes, et avoir fait partie du Laboratoire du Centre Interdisciplinaire sur l'ENfant et l'adolescent (CIEN) La Passerelle de Saint-Nazaire et avoir réussi ma formation en psychopathologie et en psychologie sociale de Licence 1 en psychologie à l'université Rennes 2. Je me suis formé également au métier de Responsable de formation au DPRH de Saint-Nazaire et au CAFOC de Nantes, en arts appliqués à l’École Pivaut de Nantes, en Histoire de l'art à l’École du Centre Pompidou, grâce aux Mooc culturels de la Fondation Orange, en Lettres à l'Université Paris Lumières et ai suivi une formation de piano classique, moderne, contemporain et jazz, de solfège et de chant, auprès d'une professeure particulière diplômée de l'université, pendant douze ans, récompensée par de nombreuses réussites au Concours national de musique et une au concours Madeleine de Valmalète de piano, après avoir obtenu un baccalauréat général scientifique et avoir passé avec succès le concours d'entrée à l’École des Beaux Arts de Nantes.


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